
Après des débuts discrets, Lucho Gonzalez a pris les rênes de l'OM dans le sprint final. Son récital face à Nice (4-1) dimanche en témoigne. Le staff et les joueurs de l'OM lui tressent des louanges car ils savent qu'ils tiennent avec l'Argentin le leader technique qui pourrait leur offrir le titre.
Un diesel. Lucho Gonzalez a pris son temps. D'abord pour prendre ses marques. Ensuite pour se refaire une santé après plusieurs pépins physiques. Désormais, Lucho est lancé à la conquête du titre et entraîne dans son sillage tout le collectif marseillais. Deux passes décisives face à Sochaux la semaine dernière (3-0), trois nouvelles offrandes contre Nice (4-1), l'Argentin est bouillant. Sur corner bien sûr où sa patte droite fait des ravages mais dans le jeu également où sa vista et son sens du timing font merveille. "Ce n'est pas Ronaldinho qui va dribbler 4 ou 5 joueurs, mais il rend le football simple", se régale Mamadou Niang, un brin admiratif lorsqu'il s'agit d'évoquer les performances de l'ancien stratège du FC Porto.
Tous les Olympiens sont tombés sous le charme de Lucho. Avec onze passes décisives et quatre buts, il a conquis la cité phocéenne et se montre à la hauteur de l'investissement consenti par l'OM (18 millions d'euros + 6 millions de bonus) cet été. Didier Deschamps, le grand artisan de sa venue dans le sud de la France, savoure : "Je vois actuellement le Lucho que j'ai vu lors de ses quatre dernières saisons à Porto. Il affiche de très bonnes stats. Mais indépendamment de son apport en passes décisives et en buts, il faut souligner son rôle dans la préparation à la récupération du ballon, où il est très intelligent pour fermer les angles de passe."
Lucho, maître à jouer
Face à Lyon notamment (victoire 2-1 de l'OM), l'Argentin avait brillé à la récupération. Il n'est pas qu'un artiste et peut, si nécessaire, enfilé l'habit plus ingrat de soutier. Là réside sa force. "C'est quelqu'un qui est réservé qui a beaucoup d'humilité, qui n'est pas là pour écraser les autres. J'en ai connu un avec qui j'ai joué qui était comme ça au début", poursuit Dechamps qui n'hésite pas à le comparer à Zidane. Discret oui, travailleur de l’ombre assurément, mais actuellement c'est la précision de ses coups de pied arrêtés qui place l'OM sur orbite : "Lucho, je ne l'ai pas pris pour qu'il fasse de la promenade. Il est efficace là où on l'attendait, car il a toujours eu des bonnes statistiques sur coups de pied arrêtés", poursuit le coach olympien.
Steve Mandanda a ciblé la force de Lucho sur corner : "Ses frappes sont tendues, à hauteur de tête. Vu les gabarits de l'équipe, c'est forcément plus facile." Il faut dire qu'avec Diawara, M'Bia, Brandao ou Heinze, Marseille a quelques grands gabarits pour transformer les offrandes de Lucho. La saison passée, Bordeaux avait construit son sacre sur son efficacité sur les phases arrêtées avec Gourcuff à la manoeuvre. Cette année, l'OM applique la même recette (27 buts, personne n'a fait mieux en L1) avec Lucho dans le rôle du meneur girondin. Avec la même réussite à la clé ? Lucho a une partie de la réponse entre ses pieds.
