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dimanche 6 juin 2010

Coupe du monde 2010 - Quel avenir pour le 4-3-3 ?


La France a disputé trois matches de préparation inquiétants avec le même système. Alors faut-il déjà condamner le 4-3-3 ? A quelques jours de la Coupe du monde, Raymond Domenech a plusieurs choix : abandonner ce système, changer l'animation ou changer les hommes.

"Il va falloir qu'on trouve quelque chose, sinon ce n'est pas possible, on va partir au bout de trois matches", avait prévenu Nicolas Anelka après la débâcle face à l'Espagne (2-0). Trois mois plus tard, le constat reste le même. Pourtant, Raymond Domenech a tenté d'apporter du changement en instaurant le 4-3-3 en début de préparation. Mais ce pari tactique n'a pas payé. La révolution devait offrir un visage plus offensif à une formation critiquée pour sa frilosité. Avec trois buts en trois matches, dont un but contre son camp, on est loin du compte. Avant de s'envoler pour l'Afrique du Sud, les Bleus se sont donc attachés à délivrer en choeur leur discours rassurant. Cela reste une préparation. L'essentiel, ce sera le match face à l'Uruguay. "La Coupe du monde, ce n'est pas aujourd'hui, ça commence le 11. Ce n'est pas le moment de dire on va tout changer, a ainsi récité Domenech à La Réunion. On a encore une semaine pour se mettre en place, étudier les options".

Mais ça n'est pas comme si on avait assisté à une montée en puissance. Au contraire. En enchaînant une victoire, un match nul puis une défaite, la France a atterri samedi à l'aéroport de George avec la tête à l'envers. Et beaucoup d'interrogations. La défaite face à la Chine (0-1), aussi inquiétante et humiliante soit-elle, doit-elle tout remettre en cause ? Le sélectionneur a déjà répondu aux journalistes : "Je vous ai dit qu'on a essayé plein de formules, tout le reste peut bouger, s'adapter. Il n'y a pas de système plus performant qu'un autre". Traduction : l'encadrement des Bleus va consacrer les prochains jours à la réflexion. Mais Domenech a aussi souligné: "J'ai vu plein de choses intéressantes, dans le jeu, l'animation, même dans la solidité défensive, avec en face une équipe qui sort vite. Si on regarde le match et le nombre d'occasions de buts -- on se demande comment on a fait pour la rater la dernière! --, on a su se créer des occasions".

"Ce n'est pas figé"

En 2006, Raymond Domenech avait déjà tout changé après la préparation et abordé le Mondial avec un nouveau système. Il le répète depuis Tignes : il se réserve le droit de récidiver. "Ce n'est pas figé", a-t-il encore affirmé vendredi. Car l'élan du match contre le Costa Rica a été de courte durée. Le revers face à la Chine a-t-il alors condamné le 4-3-3 ? Pas sûr. D'abord, parce que la France n'était pas plus brillante en 4-2-3-1. Ensuite, parce que Lassana Diarra, un des deux récupérateurs du milieu, n'est plus là. Enfin, après avoir disputé trois matches avec le même système, il est peut-être trop tard pour faire machine arrière. Mais la préparation a soulevé des questions auxquelles le sélectionneur devra rapidement trouver des solutions. Des failles sont visibles sur le terrain. Gourcuff et Ribéry se sont disputé -sans éclat- un coup franc à l'abord de la surface chinoise. Le signe que les rôles ne sont pas clairement définis ? Ou Gourcuff est-il frustré de jouer trop bas dans ce schéma ?

Il faudra aussi trouver de meilleurs équilibres, notamment entre l'attaque et la défense. Si Domenech admet avoir vu "un 5-5", c'est qu'il reconnaît que son équipe est coupée en deux. Ainsi, malgré cinq joueurs à vocation offensive, les Bleus marquent peu. Faut-il blâmer le système ? "C'était difficile de trouver Nico (Anelka, ndlr) en profondeur donc on a fait tourner le ballon latéralement mais on mettait un peu trop de temps", avoue Gourcuff. Le déséquilibre entre le côté gauche et le côté droit pose également question. "La bascule gauche-droite doit se faire à un moment ou un autre", appelle de ses voeux Domenech. Le problème, c'est que Franck Ribéry est clairement un cran au-dessus. Le jeu des Bleus se résume souvent à donner le ballon au joueur du Bayern. Pourtant, à écouter les joueurs, le problème ne vient pas du 4-3-3. "Je ne pense pas qu'il faut se focaliser sur le système, tranche Malouda. Quelque soit le système c'est surtout au niveau de l'animation et la complémentarité que l'on peut faire mieux". Ribéry doit-il reprendre sa place à droite ? Doit-il reculer d'un cran, comme il l'avait déjà fait à l'OM dans le même dispositif, pour laisser le joueur de Chelsea s'exprimer pleinement ? Anelka serait-il plus à l'aise sur le côté ? Les pistes de réflexion ne manquent pas.

Changer le système ou les hommes ?

Mais s'il veut conserver le système, Raymond Domenech a encore une option : changer les hommes. Il a encore quelques jours pour choisir ceux qui seront chargés de l'animation. "Maintenant, il ne faut pas se tromper, choisir les meilleurs", a-t-il prévenu. Justement, les meilleurs évoluent-ils aux bons postes ? A l'exception de Steve Mandanda face au Costa Rica, les mêmes titulaires ont débuté les trois matches amicaux. Et le maintien de Nicolas Anelka à la pointe de l'attaque n'a rien donné. Tout comme celui de Sidney Govou sur le côté droit. Pendant ce temps, Diaby et Valbuena piaffent sur le banc tandis que Henry se contente de son rôle de joker de luxe. "Depuis le début, on réfléchit, reste vague Domenech. A chaque fois, il y a des mouvements, des changements". Mais le temps presse. Le Mondial approche à grands pas.
Anthony PROCUREUR / Eurosport